ANALYSE OFFICIELLE : JUMANJI

C’est officiel ! La mort de Robin Williams nous a tous affectée, en particulier Stéphane, notre spécialiste qui s’est replongé avec délice dans un grand classique des années 90, Jumanji réalisé par Joe Johnston. 

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Twenty-six years ago, you played a game with a little boy down the street. A game with drums.

Lors d’une séquence-clé, le personnage de Alan Parrish, à travers cette réplique, renvoie à la figure du spectateur tout un pan de son enfance qu’il pensait définitivement perdu. Pour finir la partie de Jumanji, les héros doivent retrouver la quatrième joueuse, 26 ans plus tard, qui ne s’est jamais remis de ce souvenir d’enfance, et pire encore, qui l’a conditionné. Terrible souvenir d’un enfant aspiré dans un jeu de société. La métaphore de la fugue et du kidnapping est bien sûr centrale ici, mais elle est rejointe par la figure du fameux syndrome Peter Pan, bien connu des services de Police.

Tel l’imagination infinie d’un enfant de 10 ans, le jeu Jumanji  fait sortir toutes sortes de symboles et d’allégories (à travers le troupeau de Rhinocéros notamment), qui viennent soutenir l’idée principale du réalisateur, à savoir La jungle est un territoire hostile, que l’homme occidental moderne ne peut maîtriser.  On notera ici toute la subtilité du cinéaste, qui préfère tergiverser des heures durant au cours d’une séquence au supermarché, à couper le souffle.

De façon péremptoire, les forces de l’ordre sont gentiment tournées en dérision dans Jumanji. Le personnage de Carl, créateur de baskets, policier incompétant, pas très drôle et obnubilé par sa voiture, renvoie certainement au passif judiciaire de Joe Johnston, dans les années 80.  Plus intéressant, au début du métrage, le jeune Alan « détruit » la vie de Carl en détruisant sa chaussure et en laissant le même Carl se dénoncer lui-même et se faire renvoyer.  Alan agit comme un catalyseur et bouleverse à jamais la vie des autres personnages: Sarah (la fameuse 4ème joueuse traumatisée), les jeunes Peter et Judy (totalement inconscients de vouloir jouer), son père (il meurt de tristesse après que Alan se soit fait aspirer dans le jeu).

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Forcé de constater que le film, tel le parcours représenté par le jeu, est un chemin de croix que le héros doit traverser pour atteindre une totale rédemption. Miroir de la vie du réalisateur, les monstres qui sortent du Jumanji, attaquent sans raison, juste parce que s’est écrit dans les règles. Le début d’une lutte sans fin pour lui ? C’est un sujet que le réalisateur développera plus profondément dans Jurassic Park 3, quelques années plus tard.

Stéphane Sorbonne

 

 

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